Les profs précaires veulent être considérés


Une délégation est venue défendre, hier, à l'inspection d'académie, les droits des enseignants contractuels du 2nd degré.

À l'initiative de trois syndicats d'enseignants des collèges et lycées (Snes, Snuep, et Snep), des rassemblements ont eu lieu, hier, devant les bâtiments des inspections académiques de la Région. Au Mans, une délégation a été reçue en début d'après-midi pour y réclamer une amélioration du sort des enseignants.
Depuis cinq ans, les plans de réduction du nombre de fonctionnaires se succèdent. « On ne remplace plus les enseignants qui partent en retraite mais, dans le même temps, les besoins des collèges et des lycées restent les mêmes, argumente Lionel Quesne, secrétaire départemental du Snes. Du coup, on bouche les trous avec des enseignants contractuels qui sont affectés à l'année sur un poste. Et les remplacements ponctuels sont effectués à coup de vacataires. Bref, la situation se dégrade. Y compris pour les élèves puisque beaucoup de remplacements ne sont même plus assurés. »
Pour certains enseignants, la situation devient franchement ubuesque. Comme cette prof d'espagnol, qui a participé hier au rassemblement manceau. Contractuelle depuis 14 ans, elle a passé quatre fois le concours pour être titularisée et a échoué de justesse. « Mais, avec 14 ans d'expérience, j'estime avoir fait mes preuves... »
À défaut de devenir fonctionnaire par concours, elle aurait pu décrocher au bout de six ans de service ininterrompu, un CDI de droit privé. Mais elle a eu la mauvaise idée d'accoucher après 5 ans et quelques mois de carrière. « Du coup, les compteurs sont remis à zéro. »

Maine Libre - Edition du jeudi 10 juin 2010