Primes au mérite pour les chefs d'établissements

Ce que nous pressentions dans la dernière livraison de "Second degré 72" (publication du Snes départemental) est devenu réalité :


Des primes au mérite pour les chefs d’établissements

"Le Figaro", 25 janvier 2011

Les principaux de collèges et les proviseurs de lycées pourront désormais se voir accorder tous les trois ans une prime de résultat allant jusqu’à 6.000 euros. Une mesure contestée par les syndicats enseignants.

La prime de résultat va faire son apparition dans les établissements du secondaire. Les principaux de collèges et les proviseurs de lycées pourront toucher tous les trois ans un bonus allant jusqu’à 6.000 euros en fonction du projet pédagogique de leur établissement, des résultats scolaires ou encore de leur capacité d’intégrer des élèves en grande difficulté. Après plusieurs mois de discussions, « nous avons conclu un accord » en ce sens avec les syndicats représentant les chefs d’établissements, a annoncé mardi matin sur France info le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel. Une prime qui ne concerne pas en revanche les directeurs d’école, ces derniers ne passant pas le concours de chef d’établissement.

« Le gouvernement a décidé de développer une rémunération variable liée aux performances de nos cadres, comme cela existe dans l’immense majorité des entreprises de notre pays, s’est justifié le ministre. L’objectif est de mettre en place des contrats d’objectifs et de performance ». Et Luc Chatel de marteler : « C’est un système éducatif moderne qui se fixe des objectifs et qui cherche à améliorer ses performances et donc qui est capable, pour une part faible, 6.000 euros tous les trois ans, de valoriser l’engagement personnel des acteurs de l’Education nationale ».

Tensions

Des critères d’évaluation qui inquiètent les syndicats d’enseignants, alors qu’il existe une très grande diversité des situations entre les établissements scolaires. Autre crainte : la détérioration des relations entre les professeurs et les responsables des collèges et des lycées. Soucieux d’obtenir leur prime, ces derniers risquent d’apparaître aux yeux des enseignants du côté du ministère et donc des politiques contestées (suppressions de postes, réforme du lycée...). Pour Christian Chevalier, le secrétaire général du SE-UNSA, une telle situation risque de « casser le travail d’équipe nécessaire pour améliorer le projet éducatif ».

Des critiques réfutées par le SNPDEN, principal syndicat de chefs d’établissement. « Je ne crois pas que les enseignants se posent beaucoup de questions sur le personnel de direction. Ils sont à même d’apprécier de manière globale et durable notre travail », rétorque Philippe Vincent, le secrétaire national en charge des « Carrières ». Il souligne par ailleurs que « la nouveauté est le fait qu’il y ait une part variable dans la prime ». Les chefs d’établissements touchaient déjà jusqu’ici un bonus, mais dont le montant était fixe.

« Comme par le passé, les chefs d’établissements vont être évalués à partir de leur lettre de mission. Mais il y aura ensuite un entretien d’évaluation, qui servira de base à la définition de la part variable » du régime de prime, précise encore Philippe Vincent, ajoutant que la prime ira de 0 à 6.000 euros tous les trois ans, avec une moyenne à 2.000 euros.

16.000 suppressions de postes à la rentrée prochaine

Cette décision s’inscrit dans le cadre de la politique du gouvernement, qui consiste à développer la part variable des rémunérations, liées aux performances pour les personnels, notamment ceux d’encadrement. Parmi les bénéficiaires de cette politique salariale : les recteurs d’académie qui vont également pouvoir recevoir dès cette année une prime de résultats pouvant aller jusqu’à 22.000 euros. Parallèlement, c’est aussi cette année qu’il leur incombe de déterminer eux-mêmes pour la première fois quels postes d’enseignants seront supprimés dans leurs académies.