Déclaration FSU – CTSD du 25 janvier 2018

Par Jupiter, il ne semble pas que la rentrée prochaine se présente sous les meilleures auspices !

On nous annonçait pourtant un nouveau monde rompant totalement avec l’ancien et on a plutôt l’impression que la marche en avant nous ramène dans le passé, aux plus belles heures de l’ère Sarkozy quand les postes de fonctionnaires, et tout particulièrement ceux de l’Éducation nationale servaient d’hécatombe. Mais le cursus honorum de M. Blanquer peut résoudre l’apparent paradoxe : il fut à partir de 2009 le directeur général de l’enseignement scolaire (DGESCO) de M. Chatel qui ne reste pas dans les mémoires comme le plus grand engraisseur de mammouths qui fut.

A moins que nous fassions fausse route. A moins qu’il ne s’agisse d’autre chose. Peut-être que dans le monde nouveau, l’Éducation nationale doit avoir la taille d’une start up. En ce cas l’affaire est en bonne voie. Qu’on en juge seulement par les moyens alloués à la Sarthe pour préparer la rentrée 2018.

Dans un premier temps, on est déjà ébahi par la suppression affichée de 29 postes. Mais un examen attentif de la dotation révèle que ce sont en définitive 36 ETP qui seront perdus par la Sarthe dans l’enseignement secondaire à la rentrée prochaine. Et il existe encore des marges de manœuvre compte tenu de l’incertitude planant encore sur la pérennité de certains établissements. Ces premiers résultats forcent l’admiration. D’entrée de jeu ce nouveau gouvernement s’avère être un maître en austérité, surpassant largement ses prédécesseurs qui n’étaient pourtant pas des compétiteurs de seconde zone.

Il les surpasse car la récupération ne porte pas que sur des moyens humains mais aussi sur des dotations purement financières. On constate en effet une diminution importante des IMP : -90 par rapport à l’année 2017-2018 et - 122 par rapport aux deux dernières années. Les missions des enseignants seraient-elles moindre depuis ces deux dernières années ? A l’évidence, non, preuve en est le rôle pris par le développement du numérique. Or, pour ne citer que l’exemple de RUPN, elles ne sont tout simplement plus financées et reportées sur les enveloppes d’établissements, de plus en plus chétives, auxquelles on soustrait encore un 0,25 pour une nouvelle mission de «coordination du dispositif devoirs-faits ».

On constate aussi une baisse de -192,5 heures des HSA. Nous ne sommes pas des fanatiques de ces dispositifs mais nous ne pouvons que constater que ce sont aussi des moyens d’enseignement qui disparaissent ainsi.

Comment alors faire fonctionner les établissements avec des postes et des heures d’enseignement en moins ?

La réponse tient en une dotation a minima des collèges permettant tout juste de fournir les horaires planchers aux enseignements, à l’inverse des assurances de pérennisation des moyens dévolus, par exemple à la co-animation, promesses qui avaient été faites lors de la mise en place de la réforme des collèges. Estimant que la pilule amère est passée, le ministère se croit autorisé à retirer la confiture.

D’autant qu’une autre pilule est en préparation : celle de la réforme du bac et du lycée qui, comme d’habitude devra être mise en place dans la plus grande des précipitations dès la rentrée prochaine . Pourquoi parler de précipitation ? Et bien tout d’abord parce que la dotation dont nous parlons aujourd’hui arrive alors même que personne ne sait encore précisément à quoi ressemblera une classe de seconde en septembre 2018. Cette façon systématique de mettre la charrue avant les bœufs finit par être plus que lassante. Elle est littéralement démobilisante pour l’immense majorité des collègues.

On pourrait croire que la création d’un poste en lycée correspond à la fine, très fine couche de confiture destinée à enrober la dite pilule. Mais, en définitive, la quasi-totalité des lycées sarthois, avec des effectifs pourtant à la hausse, voient leur dotation déjà baisser sensiblement. Si la pilule n’est pas un placebo, la confiture relève bel et bien du leurre.

Nous n’assistons pas seulement à la poursuite de politiques antérieures (RGPP, MAP) mais, plus encore, à l’aggravation d’un vaste plan d‘économie inspiré peut-être par la médecine. Mais alors par celle des médecins de Molière, celle qui ne connaît que la saignée dans les moyens et la purge dans les effectifs enseignants.

Les effets de ce nouveau management public, qui n’a rien de nouveau, devront être jugé à l’aune des résultats de la Sarthe sur le plan académique ! Si on peut les prévoir, on peut aussi déjà anticiper une objection : la réalité socio-économique de la Sarthe ne semble être vraiment prise en compte que dans les « bonnes pages » du projet académique lorsqu’il évoque la pauvreté et la réussite scolaire. Dans la réalité, la Sarthe est sacrifiée avec en moyenne 1 poste perdu pour 6 élèves en moins. Il y a donc loin de la coupe aux lèvres, entre les belles intentions, les discours et la réalité infligée aux établissements.