Déclaration FSU - CTSD 13 mars 2018

Lors du CTSD du 25 janvier dernier la fermeture de 29 postes en Sarthe dans le second degré fut annoncée. Nous avons aujourd’hui la liste de ces postes et que constatons-nous ? Qu’il y en a 19 au collège du Ronceray, autrement dit la totalité de l’équipe pédagogique de cet établissement dont la fermeture a officiellement été annoncée le 23 février.
Qu’est-ce que cela signifie ? Que les postes du Ronceray ne se sont pas ajoutés après coup au volume défini le 25 janvier. Lors du dernier CTSD, ils étaient déjà là ; ils faisaient déjà partie de l’enveloppe.

Intrigués par ce chiffre considérable de 29, nous vous avions interrogé, Monsieur le Directeur académique, sur les raisons d’un tel volume et aussi de l’écart entre les pertes subies par la Sarthe et la Mayenne (Mayenne : - 3 postes pour - 84 élèves soit 1 suppression tous les 28 élèves en moins ; Sarthe – 29 postes pour -191 élèves soit 1 suppression tous les 6,5 élèves en moins)  . Vous nous avez présenté une obscure théorie des stocks et des flux. Mais la véritable explication n’était pas là : s’il y avait un tel écart a priori peu justifiable, c’était que la fermeture du collège du Ronceray était en définitive déjà actée. Ce que confirme d’ailleurs la circulaire académique sur le mouvement « intra » en date du 14 février qui indiquait qu’il ne fallait formuler aucun vœu sur le collège du Ronceray. En outre, à plusieurs reprise nous avons tenté d’attirer votre attention sur la difficulté qu’il y aurait à réaffecter les collègues du Ronceray dans un contexte où il y avait déjà 29 suppressions de postes, principalement en collège. Vous avez esquivé. Pire, vous nous avez caché la vérité. Mais ce n’est pas le plus grave. Le plus grave, c’est que vous avez contribué à la mise en place d’un simulacre de consultation destinée selon vous à instruire la question de la pérennité de ce collège. De très nombreux collègues du premier et du second degré y ont participé en toute bonne foi alors que les jeux étaient faits depuis bien longtemps. Quelle curieuse conception du dialogue social, quelle curieuse conception de la démocratie, quel mépris des personnels !

Après une pareille manœuvre, la moindre des choses, au moins à titre de dédommagement d’un préjudice moral, serait que les postes du Ronceray ne soient pas supprimés en tant que moyens d’enseignement. Cela permettrait de réaffecter certainement plus facilement et à proximité de leur ancien lieu d’exercice nos collègues du Ronceray et d’accueillir les élèves qui aurait dû y aller dans de bonnes conditions. Les postes supprimés au Ronceray devraient en priorité être ré-ouverts dans  les trois établissements publics vers lesquels vont désormais se diriger les élèves de l’ancien secteur du Ronceray.
Et à vrai dire, il ne s’agit pas seulement d’obtenir une forme de dédommagement, il s’agit peut-être d’abord de compenser un peu l’extrême austérité de la dotation faite en particulier aux collèges, dotation a minima permettant tout juste de fournir les horaires planchers aux enseignements. Il ne s’agit pas ici de demander un peu plus de confort ; il s’agit d’une nécessité absolue, ne serait-ce qu’au regard des critères sociaux qui sont déterminants en terme d’entrée dans les apprentissages. La Sarthe est le département de l’académie où la grande pauvreté ne cesse d’augmenter, dans les villes comme dans les campagnes. Les postes du Ronceray, au moins ceux-là, sont nécessaires pour améliorer les conditions d’enseignement des collèges sarthois. Ils ne doivent pas être supprimés, faute de quoi nous serions amenés à penser que la fermeture du collège du Ronceray répondait avant tout à des préoccupations strictement comptables.