A qui profite le prof bashing ?

L'Expresso du 11 juin 2020 - Le café pédagogique

"Comment des milliers de profs n'ont pas assuré leur propre cours pendant le confinement". France 2 a pris sa part dans ce qui devient une vraie campagne médiatique contre les enseignants. Bien sur elle arrive au moment où le gouvernement  va "alléger" le protocole sanitaire pour faire taire les enseignants. Mais elle clôt aussi d'une certaine façon l'épisode exceptionnel qu'a connu l'école, jetée sans aucune préparation dans l'enseignement à distance. Pendant deux mois, l'Ecole a été lancée dans l'enseignement à distance dans une impréparation totale. Elle va en sortir éclatée, émiettée comme jamais. C'est cet épisode que vient clore la campagne contre les enseignants. Ils vont porter le chapeau.

Une véritable campagne

Lancé par les médias les plus populistes comme RMC, LCI ou BFM, le mythe des milliers "d'enseignants décrocheurs" a glissé vers des médias plus inattendus. C'est Pujadas sur LCI qui parle d'un enseignant sur deux qui n'est pas retourné en classe" alors que "les raisons de santé sont loin d'expliquer ce chiffre". " La moitié d’entre eux, encore aujourd’hui, n’a pas repris le chemin de l’école et dont une part non négligeable serait à ranger dans la catégorie des tire-au-flanc" affirme L'Opinion. "Un ministre en première ligne dit en privé "si les salariés de la grande distribution avaient été aussi courageux que l'éducation nationale les français n'auraient rien eu à manger", dit D Seux sur France Inter. "Il n'y a  pas eu n enthousiasme débordant des enseignants. Je ne crois pas qu'on les applaudira tous à la fin du mois", écrit R Cohen dans Le Echos. Enfin le dernier clou est frappé par France 2 et ses " milliers de profs (qui) n'ont pas assuré leur propre cours pendant le confinement". Quand tant de médias chantent le même air on peut dire qu'il y a campagne.

 

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