Sondage : Blanquer désavoué, des enseignants inquiets et désabusés

Jean-Michel Blanquer avait communiqué sur une rentrée 2020 “dans la joie” où “nous nous sommes préparés à tout”, la réalité est tout autre. Les chiffres de notre sondage et les demandes du SNES-FSU.

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Un mois et demi après la rentrée, le SNES-FSU rend public un sondage réalisé avec l’institut OpinionWay (téléchargeable en bas de page) auprès des enseignants du secondaire. Alors que Jean-Michel Blanquer avait communiqué sur une rentrée 2020 “dans la joie” où “nous nous sommes préparés à tout”, les enseignants renvoient une tout autre réalité : des enseignants inquiets, désabusés et un désaveu du ministre et de son action.

Un épuisement professionnel préoccupant

Heureux de retrouver leurs élèves, les enseignants ont été marqués par les informations contradictoires (58%), par les classes surchargées (43%) et des inégalités scolaires aggravées (38%).

77% des enseignants se disent inquiets, 82% fatigués, 75% désabusés. Les inquiétudes sont liées à la situation sanitaire mais ce n’est pas la seule cause. La situation apparaît plus dégradée au lycée, confronté à l’application d’une réforme contestée, qui complique la gestion sanitaire. Au collège, le creusement des inégalités scolaires est au cœur des préoccupations.

Gestion de la crise par Jean-Michel Blanquer : 81% de mécontentement 

Face à cet état de fait, les enseignants rejettent massivement la façon dont le ministre a géré la crise. 81% se déclarent insatisfaits, c’est un chiffre inédit qui traduit une défiance sans précédent vis à vis d’un ministre “hors sol”, qui ne convainc plus tant ses propos sont en décalage avec le terrain

Un malaise profond

La comparaison avec le reste de la population montre l’ampleur du malaise dans l’Éducation nationale : ainsi, un tiers des Français sont satisfaits de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement contre 19% d’enseignants satisfaits par la gestion du Ministre. Près de 60% des actifs se sentent fatigués ou désabusés, quand plus de 75% des enseignants se disent fatigués ou désabusés.

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Face à cette situation le SNES-FSU appelle le Ministre et le gouvernement à prendre trois décisions fortes et immédiates  

  • Les établissements scolaires sont les premiers lieux de contamination identifiées par Santé publique France, en particulier les collèges et les lycées. Le gouvernement doit sortir du déni. Le SNES-FSU appelle à la reprise d’un dialogue réel sur les mesures de protection et de prévention dans les établissements. Les différents scénarios du retour des vacances d’automne doivent être anticipés.
  • La revalorisation des enseignants, sans cesse promise et jamais traduite dans les faits, doit devenir une réalité. Il y a urgence ! En l’état actuel, les sommes avancées sont notoirement insuffisantes pour compenser les pertes de pouvoir d’achat de ces dernières années. La revalorisation doit se faire sans contrepartie.
  • La dégradation des conditions de travail continue depuis 2017, avec plus d’élèves (+49000) et moins d’enseignants (-5690 emplois) doit cesser immédiatement : le gouvernement doit suspendre les 1800 suppressions d’emplois prévues pour la rentrée 2021 et engager un plan pluriannuel de création d’emplois. C’est l’avenir du service public d’éducation qui est en jeu.