Intervention du SNES-FSU : une rentrée en trompe l’œil
Une fois n’est pas coutume, nous souhaiterions remercier les services de l’Inspection académique pour avoir communiqué les documents avant cette séance du CTPD. Nous regrettons néanmoins que certaines de nos demandes d’informations soient demeurées sans réponses et que ce CTPD soit si tardif.
Aux syndicalistes que nous sommes et que l’on dit obnubilés par la question des moyens, on pourra toujours exhiber la dotation horaire de la rentrée 2009 et se flatter de la voir en légère augmentation par rapport à l’an passé. Mais pour prendre la juste mesure de cette donnée brute, il faut y apporter quelques éclairages.
Il faut tout d’abord noter qu’il eut été fort inquiétant de ne pas constater cette augmentation dans la mesure où les effectifs des collèges connaissent une hausse appréciable qui fait mentir les sempiternelles annonces de déclin démographique qui depuis de nombreuses années servent d’alibi aux massives suppressions de postes.
Il faut ensuite se poser la question du prix à payer pour ce qui n’est en définitive, compte tenu de la hausse démographique, qu’un maintien des moyens à niveau constant. Or ce prix à payer est lourd :
Conformément à une tendance observée depuis plusieurs années, la part des heures supplémentaires tend à croître plus vite que les heures-postes. Elle était de 4,20 % de la dotation totale l’an passé ; elle dépasse cette année les 5 %. Autrement dit, la part des heures postes tend à se réduire de plus en plus. La voilà la conséquence des dizaines de milliers de postes supprimés depuis 2002. Et au bout du compte, la charge de travail augmente et les conditions d’exercice du métier se détériorent avec, par exemple, la multiplication des compléments de service. Et au bout du compte nous assistons à la dévalorisation d’un métier qui devient de moins en moins attrayant, un métier où il faut sans cesse travailler plus, non pas pour gagner plus, mais simplement pour ne pas perdre trop de pouvoir d’achat faute de voir arriver la nécessaire revalorisation collective de nos traitements.
Ensuite le prix à payer est lourd car le maintien de la dotation a été obtenu au prix de la suppression des moyens de remplacement. Nous avions demandé que nous soient communiquées des données concernant ces moyens pour préparer ce CTPD. Nous ne les avons pas eues, mais nous savons que les TZR ont été affectés à l’année et qu’en dépit de cela de nombreux postes restaient vacants à la rentrée (Un autre sujet où notre demande d’information est restée sans réponse). Pour pallier l’imprévu, il faudra donc faire appel à des emplois précaires qui ne sont satisfaisants pour aucune des parties prenantes : enseignants, chefs d’établissement et élèves.
Dans un contexte de suppression massive de postes, le maintien de la dotation a également été rendu possible par la diminution du nombre de stagiaires. Autrement dit le colmatage des brèches s’est fait sur le dos de la formation des enseignants, c’est-à-dire en hypothéquant l’avenir d’un service public d’éducation de qualité.
On ne peut donc pas dire que le budget qui a servi à préparer cette rentrée a fait preuve d’ambition pour l’École. Au contraire, comme la demi-douzaine de ses prédécesseurs, il l’a affaiblie. Et voilà pourquoi il faut parler d’un bilan de rentrée en trompe-l’œil. Il cache une situation de grande fragilité, des conditions de travail profondément dégradées et une offre de formation appauvrie. Et surtout, derrière lui se cache une autre vague de suppression de postes (16 000 dont environ 5 000 dans le second degré) qui risque de porter le coup de grâce.




